Speaking Wall
2009-2010
Installation, 00:08:00, 300 x 300 x 300 cm.
Materials: LCD screen, bricks, headphone
Collection: Courtesy Galleria Continua.
Dans Speaking Wall, une installation de 2010, le visiteur met un casque et s’avance sur une rangée de briques qui se termine en cul-de-sac, par un mur. Puis, quelque chose d’inattendu se produit : une voix dans le casque indique au visiteur où et quand se déplacer le long des briques modifiant de la sorte arbitrairement le statut du spectateur en celui de performeur. Il ou elle est invité·e à s’avancer (« Approchez-vous un peu plus près, plus près... », dit le mur), et ensuite à reculer. Pour que tout cela fonctionne, Gupta a intégré un capteur dans le mur afin que celui-ci puisse détecter l’emplacement du « performeur » quand il lui donne des instructions. Cette performance devient poignante lorsque la voix commence à parler des frontières mouvantes qui rendent ambiguës les identités des humains et des objets. La voix du mur raconte l’histoire d’une frontière tracée dans la terre et exposée au vent. Celui-ci l’a déplacée de quelques centimètres. De telles frontières arbitraires n’ont bien sûr aucun sens, ce qui rend l’identité du performeur tout aussi dénuée de sens. Le mur dit : « C’est bien, je n’ai plus besoin de votre carte d’identité, je n’ai plus besoin de connaître votre nom, votre religion, votre sexe et l’endroit d’où vous venez ». Il n’est pas nécessaire de connaître son identité dès lors que les frontières entre les paysages sont constamment redessinées par la nature ou, plus vraisemblablement, par les humains. Gupta pose une fois de plus la question suivante : combien les choses ont-elles réellement changé ?
Jones (R.)., Shilpa Gupta, dans : Frieze, 2012
Avec l’aimable soutien de :
Techniciens : Daan Brinkmann et Thomas Eichhorn
Assistance : Czetan Patil et Jacqueline Fernandes